Publié depuis Eklablog
Brûler
Et l’on va brûler notre vie, car de toute façon notre vie a déjà
été brulée, anéantie, explosée, mise en mille morceaux.
Oui, en mille morceaux.
Comme un puzzle éclaté qui n’aura plus d’image précise, de coins,
de recoins, de clarté, de codes couleurs à reconstituer.
De codes tout court.
Aucuns pixels à l’horizon qui ne permettent une existence
simple, calme, fade et heureuse.
Alors, nous les artistes sous la lune, on choisit les extrêmes, les intensités, les risques et les brûlures, on s’en fou, en fait non mais on fait comme si..
On vit à l’intérieur des volcans, au profond des précipices, au fin fond des abîmes, là ou ni personne, ni drapeau, ni idéologie, ni pensée bienséante, ni société, ni case ne peuvent venir nous chercher.
Là ou vous avez peur de tout, nous, on nage.
Pas avec force, folie ou talent, non, avec nécessité et habitude, parce que depuis longtemps on nage dans la peur, l’appréhension, la souffrance et que, heureusement par-dessus tout, vous, nous, on aime la vie.
Plus que personne.
Plus que la mort. Et le repos qu’elle propose.
Oui, nous on est des amoureux de la vie de façon inconditionnelle, immense.
Et pourtant on la brûle, on la provoque, on la tangue,
la cherche, la pousse, la malmène.
Qui châtie bien aime bien ?
Alors sur ce principe : j’aime à la folie la vie et
dans mon volcan d’être, je brûle comme je peux.
Olivier Mailleux