Publié depuis Eklablog

La nuit s’achemine vers la nuit, ne se déplace jamais sans elle,
La nuit nous sommes un peu plus seul, un peu moins seul,
Nous sommes ainsi avec la nuit,
La nuit habite en dehors et serre le dedans
de l’homme et de la femme,
Seuls dans la nuit épaisse et brutale,
Douce. Pour qui sait la laisser venir,
La nuit seule,
Sans paraître
Sans autre parution,
Seule,
Rien d’autre à l’habiter,
Elle habite,
Elle seule à venir
Et ne plus savoir ce qu’elle redoute
de nous qui la redoutons
Comme personne,
Elle seule
À faire qu’elle tombe
et nous nous sentons tomber avec elle, la nuit tombe, la nuit ne tombe pas, nous tombons seulement dès lors que la nuit vient, la nuit ne fait que venir, la nuit ne tombe pas, la nuit n’a jamais su tomber, la nuit ne s’est jamais levée, elle ne s’est pas relevée, jamais elle n’a eu à se relever de quelque chose, il n’y a pas de relève à la nuit, la nuit ne chute pas, la nuit n’a jamais fait que passer, la nuit n’est qu’un moment et un moment ne chute pas, il ne fait que passer.
Amandine André