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Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

 

 

À cinquante ans, tu ne peux plus supporter les contraintes. Vous ne supportez pas le soutien-gorge serré, les dîners forcés avec belle-sœur qui vérifie la poussière dans vos coins, les talons hauts sur les trottoirs et les sourires A cinquante ans tu ne veux plus prouver. Vous êtes ce que vous êtes, les choses que vous avez faites et les choses que vous voulez encore faire. Si les autres aiment ça bien. Sinon c'est pareil.

À cinquante ans, peu importe que vous ayez des enfants ou non. Tu seras maman de toute façon : de ta mère, de ton père, d'une tante laissée seule, de ton chien ou d'un chat errant que tu as ramassé dans la rue. Et si tout ça n'est pas là, tu seras mère de toi-même. Parce qu'au fil des années vous aurez appris à prendre soin d'un corps que vous aimez enfin, dans son devenant de plus en plus imparfait qu'aux yeux des autres.

Qui se soucie si la moitié du placard est de la mauvaise taille ? L'important, c'est que votre dos ne grince pas trop quand vous vous levez, qu'en touchant vos seins, vous ne sentez pas de boules et que les règles deviennent enfin un problème pour les autres.

A cinquante ans tu veux la liberté. Libre de dire non, libre de rester en pyjama tout le dimanche, libre de se sentir belle pour soi et pas pour les autres. Libre de marcher seul : ceux qui vous aiment resteront à votre rythme, ceux qui ne se soucient pas des autres. Vous serez libre de chanter à haute voix dans votre voiture même s'ils ne vous regardent pas au feu de circulation. Plus de journaux de classe à vérifier et de discussions de maman à l'appui.

Tu auras des rêves comme quand tu avais vingt ans et tu demanderas du temps à chaque dieu pour les réaliser. Tu seras déshabillé pour les hommes que tu aimais et les insécurités qui t'ont fait trembler. Et maintenant, juste quand vous avez mangé la moitié de votre vie en grand et pressé, vous trouverez l'envie de goûter lentement tout le sucre et le sel des jours qui vous attendent.

 

 Irène Renei

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