Publié depuis Eklablog

J’ai toujours raté les choses que personne ne rate jamais ; ce que les autres font tout naturellement, j’ai dû ma vie durant m’appliquer à les faire consciencieusement. J’ai toujours souhaité obtenir ce que les autres obtenaient sans presque le souhaiter. Il y a toujours eu, entre la vie et moi, des vitres dépolies ; je ne les ai perçues ni par la vue ni par le toucher ; et je n’ai vécu ni ma vie ni mes projets, je n’ai été que le songe de ce que je voulais être; mon rêve a commencé dans ma volonté elle-même, mes plans ont toujours été la fiction première de ce que je n’ai jamais été.
Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa