Publié depuis Eklablog

Je n'ai jamais su en quoi le monde serait différent si je n'avais pas existé, ni vers quels rivages je l’aurais déplacé si j'avais existé plus intensément, et je ne vois pas en quoi ma disparition altérera son mouvement. Me voici, marchant sur le chemin dont les pierres absentes m'emmènent vers nulle part. Je deviens le point où la vie et la mort s'unissent au point de se confondre, où le masque du vivant s'apaise dans le visage du défunt. Ce matin, par temps clair, je vois jusqu'à moi, et je suis comme tout le monde. Je ne mets pas fin à mon existence, je donne vie à de l'immortalité. En vain, enfin, j'écris une dernière phrase qui ne vise pas à différer le moment.
Hervé Le Tellier