Publié depuis Eklablog

J'osais espérer que ma balade m'offrirait le cadeau de rencontrer les membres de ce peuple : Des moines, des scouts, des gauchistes, de pauvres cloches, des glaneurs de fruits, des chercheurs de champignons, des débiles évadés de l'asile - même des poètes en marche, qui sait ? Une confrérie qui se déplaçait par elle même au lieu de se sertir dans le courant. De tels êtres en marche n'appartenaient pas aux mêmes catégories mais ils auraient à gagner à se côtoyer davantage. Sans doute avaient-ils des choses à se confier et les forêts offraient de bons endroits pour les réunions.
Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs