Publié depuis Eklablog

"Je pense à tes yeux, petit chat. Qui donc allume les yeux des bêtes et les fait aussi purs ? Tes yeux étaient deux vitres derrière lesquelles un ange me dévisageait en silence. Un visage humain, je crois savoir ce que c'est, une lettre à déchiffrer, porteuse de vie ou de mort. Elle vient de loin. Certains mots manquent. Mais qu'est-ce qu'un visage animal ? Mais toi, petit chat ? Les animaux sont des théologiens muets. Leurs nerfs sont les cordes du ciel. Ton ombres s'allonge sur la lettre que je suis en train d'écrire et cet embarras m'éclaire plus que tous les mots".
Christian Bobin