Publié depuis Eklablog

Sa vie n'était plus qu'une vie de faux semblant,
tel le clown qui se prépare pour faire son show.
Chaque jour elle se préparait et se paraît
de ses artifices devenus un rituel quotidien.
Maquillage plus soutenu qu'à son habitude, pour tenter de cacher les
souffrances et la fatigue qui marquaient désormais son visage, pour remplir
les vides autour de ses yeux emportés par les traitements.
Elle ajustait sa perruque pour cacher une chevelure devenue désormais
clairsemée, parce qu'une femme avec des cheveux
c'est quand même mieux que sans !
Elle refoulait ses larmes l'espace d'une sortie ou d'une visite, parce que la
tristesse fait fuir, et elle essayait de cacher toute cette souffrance
derrière son grand sourire. Et même si le cœur n'y était pas, elle souriait et
elle était même rigolote parfois. Elle faisait le clown pour se fondre dans la
société et pour ne déranger personne.
Puis une fois le spectacle terminé, elle se retrouvait seule bien souvent, trop
souvent. Elle ôtait ses artifices, posait sa perruque et redevenait ce
qu'elleétait devenue. Une femme triste, dénuée de féminité à présent.
Une femme broyée, cassée devenue si fragile, si vulnérable.
Elle pouvait enfin pleurer loin des regards, laisser couler ses larmes, hurler
sa douleur il n'y avait plus de public, plus de faux semblant. Il n'y avait plus
que son reflet dans le miroir, un reflet devenu étranger
et devant lequel elle ne s'attardait plus.
Le clown avait fini sa représentation et se retrouvait dans sa vie solitaire.
Une fois le rideau tombé la réalité lui faisait mal et l'isolement, le rejet
l'emmenaient dans un déni d'elle-même, parce qu'une part
d'elle n'existait plus désormais.
Un clown solitaire, voilà ce qu'elle était aujourd’hui, et la vie continuait...
Très beau texte de Nathaly de Quête & Sens Psychogénéalogie
Source internet