Publié depuis Eklablog

Quelle étrangeté pour un homme de rencontrer un groupe de femmes dans leur plus simple appareil ! Certaines femmes, on les comprend habillées, certaines déshabillées. La nudité n’affiche pas que la plastique, elle exhibe l’âme. En ce bain, quoiqu’elles fussent toutes à croquer, la nudité révélait les unes, occultait les autres. Nue, celle-là galvaudait son prestige. En se dépouillant, celle-ci devenait une reine. D’aucunes arboraient leur vérité en déambulant sans secret, la poitrine fière, les épaules assurées, la cambrure provocante, la sensualité manifeste. Celles-là au contraire regrettaient les repères qui leur permettaient de s’affirmer, leurs vêtements, leurs foulards, leurs bijoux, leurs couleurs ; gênées, recroquevillées afin de cacher leur intimité, elles manquaient d’éclat.
La Porte du ciel de Eric Emmanuel Schmitt.