Publié depuis Eklablog

C’est dans cette humeur que je terminai ma journée banale dans l’obscurité tombante. J’aurais pu l’achever de la façon normale qui eût convenu à un homme assez souffrant, c’est-à-dire en me laissant happer par le lit déjà prêt et pourvu d’une chaufferette en guise d’appât; mais non, je chaussai mes souliers, maussade, mécontent, dégoûté de mon petit train de labeur journalier, j’enfilai mon pardessus et je sortis dans la nuit et le brouillard pour aller boire à la brasserie du Casque d’Acier ce que les hommes sont convenus d’appeler « un petit verre de vin ».
Le loup des steppes de Hermann Hesse.
Le Loup des steppes raconte l’histoire de Harry Haller, homme désabusé, qui se déclare tiraillé entre deux personnalités : l'une basée sur un besoin d’isolement, de solitude, presque de sauvagerie, un aspect de lui-même qu’il nomme « le loup des steppes », et l’autre sur l'intégration dans la société bourgeoise qu’il affectionne et recherche encore et toujours malgré toutes ses critiques.