Publié depuis Eklablog
Elle n'était pas de ce monde... Même si Elle avait bien une carcasse faite de briques, ouais, mais combien d'entre elles étaient mal scellées ou mal recollées, et qui laissaient passer l'odeur de ses larmes que je pouvais sentir à des nuits à la ronde. Ce monde était bien trop violent pour Elle, trop rugueux, Elle s'y écorchait l'âme chaque fois qu'un de ses rêves mourait contre la bêtise et la condescendance... de briques et de fer rouillé par le sel d'une vie cramée à outrance par des batailles parfois perdues d'avance. Mais ce qui fait sa force, c'est sa façon de se jeter à cœur perdu dans ces guerres sans savoir où elles mènent, sans savoir si oui ou non son esprit, ses rêves ou sa vie souffriront sans alternative où s'ils exploseront dans une extase émotionnelle sans défaillance... et moi, je suis là, assis sur le bord de sa vie, à l'aimer toujours plus fort, à vouloir lui faire l'amour jusqu'au fond de son cœur, pour lui faire gagner du terrain sur ces champs dévastés mais gorgés d'espoir et de lumière, je suis là, fixant son visage, où la seule chose qu'il me sied d'y voir, c'est ce putain de sourire victorieux, et puis la voir, fière d'Elle comme je le suis, debout sur les remparts surplombant la somptueuse agonie de ses ténèbres.
Jean Roadisi Ses remparts
