Publié depuis Eklablog

Il y a des gens qui s’achètent juste une petite part de bûche individuelle.
Une seule. Toute petite.
Parce qu’ils sont seuls et qu’ils le seront toujours pour Noël.
Ou bien parce qu’ils sont fauchés.
Ou encore parce qu’il faut bien qu’il y en ait qui travaillent, ce soir-là et ce jour-là ; alors ils se contenteront de grignoter leur part sur le pouce, pendant une pause. « Oui je sais, c’est pas pareil, mais c’est juste pour marquer le coup… je me rattraperai l’année prochaine ».
Il y a des gens qui vous diront qu’ils s’en fichent un peu, qu’ils ne sont « pas très sucre » de toute façon, alors qu’ils ne sont surtout « pas très entourés ».
Il y a des gens qui n’achètent rien du tout. Parce qu’ils n’ont vraiment pas le cœur à fêter Noël. Ceux qui expliquent « avec ce qui s’est passé, tu sais, c’est pas la peine, je n’y arriverais pas ».
Et d’autres encore, qui ne vous diront rien, parce qu’il n’y a rien à dire… parfois, on a perdu quelqu’un et par la même occasion, on a perdu le goût de tout, on ne veut pas se souvenir du temps d’avant, celui-où on achetait une bûche plus grosse à partager.
Il y a des gens qui mangeront leur petite part tout seuls, devant leur télévision et puis qui iront se coucher, à l’heure où d’autres déboucheront une nouvelle bouteille de champagne.
A tous ceux-là, c’est un peu difficile de dire « joyeux Noël » parce que justement c’est un peu difficile d’être joyeux tout seul, devant sa bûche individuelle ou devant rien du tout.
Alors je vous dirai juste que, à un moment ou à un autre de la soirée ou de la journée, vous ne serez pas tout à fait seuls, parce que nous aurons une pensée pour vous.