Publié depuis Eklablog
Publié depuis Eklablog
Publié depuis Eklablog

Je fais pipi sous la douche. Après j’ai toujours envie de balancer un litre de javel mais je crois que ce n’est pas très bien. Du vinaigre blanc. C’est ce qu’il faut utiliser, comme seul produit d’entretien parait-il. Lorsque j’ai fait le ménage, j’ai parfois l’impression de vivre dans un immense bocal de cornichon, tellement l’odeur me semble forte.
Je trie mes déchets et j’engueule mes ados quand ils se sont trompés de poubelle. J’utilise des cosmétiques naturels. Des huiles végétales, des huiles essentielles, des huiles, encore des huiles… Et du vinaigre, de cidre cette fois ci, en rinçage pour les cheveux. Je suis une femme vinaigrette.
A chaque fois que je démarre ma petite 208 diesel, j’ai l’impression d’avoir un bébé phoque, perdu sur son bout de banquise qui me regarde d’un œil réprobateur. Mais si je m’achète une Tesla, c’est ma banquière qui va me regarder d’un œil réprobateur. (Je ne crois pas qu’elle soit le genre de femme- vinaigrette à faire pipi sous la douche).
L’autre jour j’ai lu que, en Inde et au Pakistan, il faisait tellement chaud que des oiseaux morts tombaient du ciel. J’ai levé la tête et j’ai imaginé ce que ça devait faire de vivre dans un monde ou des cadavres d’oiseaux s’abattent sur vous : je crois que c’est la chose la plus triste que j’ai jamais visualisé.
Il y a quelques années, mon plus jeune fils m’avait raconté l’histoire du colibri, qui essaie d’éteindre un incendie en transportant des gouttes d’eau dans son bec et qui réponds aux moqueries en disant « je fais ma part ». Donc, comme tout le monde, j’essaie d’être un colibri et de faire ma part. Je volète affolée, au-dessus d’une forêt en flamme, un peu au hasard, je fais ce que je peux, mêmes si c’est dérisoire ; Il faut dire que j’évolue dans un ciel bien sombre, plombé par la fumée étouffante de ma culpabilité d’occidentale.
Pourtant, souvent je suis rattrapée en plein vol par un étrange sentiment. Celui que, quelque part, dans la forêt en feu, de gros connards cyniques nous regardent nous agiter d’un air narquois. Je les imagine armés de lance-flamme, et cramant tout, tranquillement et en toute impunité pendant qu’en haut, on s’agite.
Prenez ce type par exemple responsable des investissements chez HSBC, qui a déclaré que "Le changement climatique n’est pas un risque financier dont-on doit se préoccuper mais qu’il y a "des milliers d’opportunités pour se faire de l’argent avec la transition écologique". Le même qui dit que "On s’en fiche de savoir si Miami sera sous six mètres d’eau dans 100 ans, Amsterdam, ville située en dessous du niveau de la mer est un bel endroit ». Bien sûr le gars a été écarté depuis, mais au final, son plus grand tort est d’avoir énoncé à voix haute ce que pensent beaucoup d’autres grands dirigeants. Parce que HSBC, comme des centaines d’entreprise, cultive le paradoxe d’être à la pointe du « marketing vert » et de l’engagement vers une transition énergétique tout en étant encore très active dans le financement du pétrole et autres énergies fossiles.
Alors forcément, tout se brouille. Ça doit être un effet de la fumée. Je ne sais qui croire, qui écouter. Surtout quand je me tourne vers ceux qui sont censés savoir comment éteindre l’incendie : Aujourd’hui, je les entends surtout piailler pour "dégenrer" les cours de récréation, supprimer les sapins de Noël et imposer l’écriture inclusive sur les documents officiels.
Et pendant qu’on s’agite, des ministres et des stars sillonnent le ciel dans leur jet privé, Engie signe un contrat de 15 ans pour s’approvisionner en gaz de schiste américain, on construit des stades de foot climatisés pour la prochaine coupe du monde, l’Allemagne prévoit de rouvrir des centrales à charbon et les fleuves des grands pays asiatiques alimentent près de 90 % de la déverse océanique mondiale de déchets en plastique.
Alors, moi je veux bien continuer à faire ma part, à pisser sous la douche, à trier mes déchets, je veux bien limiter mes déplacements, manger moins de ceci, plus de cela, me débarrasser de ma petite 208 diesel et limiter mes déplacements.
Mais il faut que tout ça ait un sens, soit cohérent ! C'est la base.
J’ai peut-être une cervelle de moineau, ou de colibri, mais je commence à être fatiguée de me sentir prise pour un pigeon.
Nathalie Bianco
Cicatriser les blessures de l’âme .

Cicatriser les blessures de l’âme .
On comprend donc comme une évidence, que l’élaboration purement verbale d’une thérapie ne pourra pas libérer un patient de ses troubles. Les émotions éprouvées autrefois se sont inscrites dans les tissus et les muscles entraînant des tensions qui constituent une véritable carapace, une cuirasse qui bloque la libre circulation de l’énergie vitale. Notre système de défense a pour but de nier notre souffrance, de mettre en place un système mental très puissant qui garde le pouvoir sur tout et la conséquence est que nous en sommes aliénés.
Le but de la thérapie est donc d’assouplir cette cuirasse, d’assouplir nos défenses et d’accéder à un éventail de réactions parmi lesquelles nous pourrons choisir la plus adaptée. Si cette thérapie choisit comme porte d’entrée le corps, le mental perd sa primauté, son pouvoir et son contrôle sur les émotions. Notre personnage peut enfin être démasqué, car si la parole permet toujours un échappatoire, le corps ne le permet pas et nous place définitivement face à nous-même.
Cette situation est douloureuse car notre corps a mis en place une équation : souffrir = mourir. Se rapprocher de ses émotions, est donc parfois d’une intensité aussi forte que la peur de mourir. Mais en prenant conscience que ce vécu appartient au passé, on réalise que l’on peut baisser sa garde et aller revivre ces émotions refoulées.
La devise « connais-toi toi-même » est une priorité si l’on veut faire un travail en profondeur, opérer un véritable déconditionnement à la douleur, au conflit et permettre un reconditionnement vers une acceptation de sa vie. La psychologie est un outil de transformation puissant, qui, s’il est bien utilisé, doit permettre de reconnecter la tête et le corps, cette dualité qui est la source de tensions, somatisations et maladies en tous genres. Ce travail est un travail de confiance, de patience, et la clé de voûte de sa réussite est dans la qualité de la relation d’aide qui lie le thérapeute et le patient. Ecoute, accueil, accompagnement permettent de créer ce climat de confiance sans lequel aucune libération n’est possible. Pour que le corps ose enfin, il faut ces ingrédients indispensables qui ont pu faire défaut par le passé : la présence et l’amour.
Article paru dans "Objectif Notre Santé", "Recto-Verseau"
Publié depuis Eklablog


Anna Gavalda - Je l'aimais



