Une tendre pensée en cette soirée pour Jean d'Ormesson, décédé le 5 décembre 2017
Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.
L'amour est torture, enchantement, violence, douceur, conversation, silence. Il est bonheur et chagrin. Il est profondeur et légèreté. Il est léger comme de la cendre.
La science, la morale, l’histoire se passent très bien de Dieu.
Lorsque reviendra le printemps peut-être ne me trouvera-t-il plus en ce monde.
J'aimerais maintenant pouvoir croire que le printemps est un être humain afin de pouvoir supposer qu'il pleurerait en voyant qu'il a perdu son unique ami.
Mais le printemps n'est même pas une chose : c'est une façon de parler.
Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes.
Il y a de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles vertes.
Il y a d'autres jours suaves.
Rien ne revient, rien ne se répète, parce que tout est réel.
Les études psychologiques ont montré que nous sommes davantage conscients des événements négatifs que des événements positifs qui nous adviennent. Les négatifs nous marquent plus, on les mémorise davantage. Ce fait est probablement lié au principe de la psychologie évolutionniste selon lequel, pour survivre, il est plus important de repérer et de mémoriser un danger, afin d’y trouver la solution destinée à y parer plutôt qu’un événement agréable.
Tout homme dont l'existence comporte quelque complication s'imagine volontiers qu'il est le seul qui soit obligé d'y faire face. Il devrait se dire que les autres ont les leurs, peut-être encore plus pénibles.