Certaines civilisations affirmaient que lorsqu’un ancêtre mourait, ses descendants perdaient une partie d’eux-mêmes. Pas seulement d’un point de vue généalogique ou mémoriel, mais également physique. Que les atomes provenant de nos parents et présents dans notre constitution cessaient de vivre à leur tour et que cela entraînait une tristesse organique. Elles prétendaient que c’était là la raison de la fatigue ressentie lors d’un deuil.
La mélancolie se lève chaque matin une minute avant moi. Elle est comme quelqu'un qui me fait de l'ombre, debout entre le jour et moi. Je dois pour m'éveiller la repousser sans ménagement.
La présence pure et autres textes de Christian Bobin