Publié depuis Eklablog
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" Je ressens une sourde et forte mélancolie, une indicible peur de ce qui va venir. Et je sais que demain sera encore terrible. Les vagues de mon cœur secouent l'anesthésie, impossible d'échapper au quotidien ravageur. Je photographie donc, comme pour griffonner, puisqu'une âme livrée à son propre néant, n'a de ressource que la gymnastique écorchée, en image ou en mots de se formuler. D'espoirs en intentions ratées, de joie en extrême fatigue, l'effrayante détresse exige des sacrifices. Chacun d'eux est un pas vers une vraie liberté mais qui laisse des traces non encore effacées. Car seul un autre élan peut nous faire revivre, oublier, respirer, et vraiment nous sauver".
Laurent Lg
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" On a tous des failles. Tout le monde commence comme un vaisseau étanche. Et puis des événements se produisent. On est quitté, on n'est pas aimé, on n'est pas compris et l'on ne comprend pas les autres. Et l'on se perd, on se déçoit et l'on se fait du mal. Le vaisseau commence alors à se fissurer par endroit. Et effectivement, une fois que le bateau prend l'eau, la fin est inéluctable. Quand il commence à pleuvoir à l'intérieur de la galerie marchande, on sait qu'elle ne sera jamais reconstruite. Mais entre le moment où les fissures apparaissent et celui où l'on sombre, il s'écoule un immense laps de temps. Ce n'est que dans cet intervalle que l'on se perçoit mutuellement, parce que par nos fentes, on voit l'intérieur de nous et l'intérieur des autres parler les leurs ".
John Green
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" Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et quand je regarde un visage, j'essaie de tout lire, même les notes en bas de page. Je pénètre dans les visages, comme on s'enfonce dans un brouillard, jusqu'à ce que le paysage s'éclaire dans ses moindres détails. Lire ainsi l'autre, c'est favoriser sa respiration, c'est-à-dire le faire exister. Peut-être que les fous sont des gens que personne n'a jamais lus, rendus furieux de contenir des phrases qu'aucun regard n'a jamais parcouru. Ils sont comme des livres fermés".
Christian bobin

