Publié depuis Eklablog
Nous avons peu à peu assimilé la sérénité au renoncement, au détachement, à la capacité de ne rien ressentir, de ne rien questionner. Grâce à un travail sur soi, on serait donc capable, quoi qu'il advienne, même quand tout s'effondre, de rester positif, efficace et souriant. Des machines lisses, sans émotions inutiles – puisque ni nos cris ni nos pleurs n'ont le pouvoir de transformer la réalité.
Soyons sérieux : dans la vraie vie, cette attitude n'existe pas. Nous sommes des êtres humains, nous paniquons, nous avons peur, nous avons des joies, des peines, nous nous inquiétons pour l'avenir, pour des questions aussi triviales que rembourser un crédit ou payer un loyer. Nous nous faisons du souci pour les choses de la vie, parce que nous prenons notre vie à cœur. Ce malentendu ne se contente pas de nous égarer : il fait peser sur nos épaules, déjà alourdies par les aléas de l'existence, le poids de la culpabilité. Cette pseudo-sérénité-là, faite de détachement, de mépris pour le réel, nous ne l'atteindrons heureusement pas. Pouvons-nous arrêter de nous en vouloir d'êtres humains ?
Fabrice Midal






