J’ai vécu avec les vents, les bois, les montagnes. J’ai regardé pendant des jours, des mois et des années le lent déroulement des nuages sur le ciel sarde. J’ai mis mille et mille fois la tête aux troncs des arbres, aux pierres, aux rochers pour écouter la voix des feuilles, ce que disaient les oiseaux, ce que racontait l’eau courante. J’ai vu l’aube et le crépuscule, le lever de la lune dans l’immense solitude des montagnes, j’ai écouté les chants, les musiques traditionnelles et les contes de fées et les discours du peuple. Et ainsi mon art s’est formé, comme une chanson, ou un motif qui jaillit spontanément des lèvres d’un poète primitif.