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Première
L’asphalte s’anime
Seconde
Regard fixé sur le ruban sombre
Troisième, quatrième
Le présent à perte de vue
Les idées s’ordonnent.
Panneaux, l’information imprime la rétine
Limitation, interdiction, danger…
Coup d’œil dans le rétroviseur
Si ? L’horizon va trop vite.
Tenter le plus-que-parfait ?
Virage, rétrograder, le présent s’impose.
Dos fatigué, mains crispées
Les cinq sens en éveil
Sueur, parfum de fatigue
Tout à l’heure, l’eau chaude.
Inattention
Coup de frein
Lèvre mordue, goût métallique, sang.
Monter le son.
Voix de Bashung
Envoûtement de ses mots :
Kristine Lillouarn
Chroniques de l’îlot Rêveur, L’autre bord du monde
Photo : Jean-Marc Guillossou
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Il en faut peu parfois pour se sentir libre. Il y a des instants, des éclats, qui vous sauvent en un quart de seconde de la putréfaction spontanée. Allumer un feu. Atteindre le sommet d'une colline. Libérer un cerf-volant. Les dernières minutes d'un marathon. Le fruit cueilli en haut de l'arbre. La première clope. Toucher la main de celle qui. Une fuite effrénée dans les rues. Sécher les cours. Tenir tête à un gros bras. Esquiver la police. Galoper. Atteindre en apnée l'autre bout de la piscine. Frauder. Résister. Arriver en haut de l'arbre. L'aube après une nuit blanche. Pisser dans un jardin. Appuyer sur l'accélérateur en laissant dans son dos les lumières de la ville. Danser avec une fille. Lever le poing dans une manifestation. Sauter du pont dans la rivière. Surprendre une bête sauvage. Explorer une maison abandonnée. Se perdre, drogué, dans la nuit. Marcher sur les mains. AIMER QUELQU'UN. Il en faut peu parfois pour se sentir libre.
Thomas Vinau, La part des nuages




