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La femme mûre ne domine pas,
Elle touche.
Elle ne provoque pas,
Elle est provocante.
Elle n'est pas intelligente,
Elle est sage.
Elle ne s'insinue pas,
Elle montre subtilement le chemin.
Elle n'est pas pressée,
Elle attend le bon moment.
Elle ne vole pas, elle flotte.
Elle ne se soucie pas de la quantité,
Elle préfère la qualité.
Elle ne voit pas,
Elle observe.
Elle ne marche pas,
Elle se promène.
Elle n'est pas exigeante,
Elle aime juste savourer.
Elle ne juge pas,
Elle analyse.
Elle ne réconforte pas,
Elle réchauffe le cœur.
Elle ne cherche pas,
Elle éveille les sens.
Elle n'est pas exigeante,
Elle est sélective.
Elle ne brille pas,
Elle illumine.
Elle n'aime pas être regardée,
Elle préfère être écoutée.
Elle ne devine pas,
Elle perçoit.
Elle ne parle pas de sexe,
Elle est maître dans l'art de l'amour.
Elle n'est pas facile,
Elle est flexible.
Elle ne commande pas,
Elle gère.
Elle ne renaît pas,
Elle est en floraison constante.
Et enfin la femme mûre est un ensemble de toutes les beautés
Possibles car elle est FEMME
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Nous passons notre vie à attendre quelque chose ; nous sommes incapables de vivre sans cette attente, sans cet espoir. Cela ne vous a-t-il donc jamais frappés ? En hiver, nous attendons le printemps, nous imaginons la douceur des soirs et la beauté du soleil estival au bord de l’eau. L’été nous trouve en train de faire des projets d’excursions à skis, à évoquer l’agrément, la secrète volupté du poêle qui ronfle, de la lumière de la lampe et des livres que nous aimons, les joies de la neige et le charme d’un ciel gris et brumeux. Nous attendons une nouvelle robe, une soirée au concert, la ville que nous verrons pour la première fois et les futures rencontres. Petite fille, je vivais dans la folle attente de « la vie ». Je croyais qu’un jour, brusquement, la vie allait commencer, s’ouvrir devant moi. Comme un lever de rideau, comme un spectacle qui commence. Il ne se passait rien et il se passait des quantités de choses, mais ce n’était pas ça, on ne pouvait pas dire que c’était la vie, et il faut croire que je persiste à n’être qu’une petite fille, puisque je reste toujours dans les mêmes dispositions, que je continue à attendre cette vie qui doit venir. Et pourtant, il y a longtemps que la vie a commencé et même, lorsque petite, j’attendais, c’était déjà la vie. Les événements que j’attendais avec tant d’impatience survenaient l’un après l’autre et jamais ils n’étaient aussi beaux que l’attente et ils ne retrouvaient leur beauté que dans le souvenir et dans l’attente renouvelée de leur retour. Parfois, j’ai l’impression que l’homme vit au bord d’un gouffre dans lequel se précipite le présent. Nous connaissons exactement le passé et nous nous en soucions en vain puisque nous ne pouvons plus le changer ; nous connaissons non moins exactement l’avenir et nous nous en soucions tout aussi en vain puisque nous sommes incapables de le deviner et de le modeler à notre guise. La seule chose que nous ne connaissons pas, c’est le présent : cet après-midi, l’heure même que nous vivons. Nous thésaurisons le passé, nous spéculons sur l’avenir, et nous gaspillons le présent si désespérément que nous prenons à peine conscience du fait que la vie, c’est le présent et uniquement le présent. Par exemple, nous préparons du thé et nous nous disons que c’est juste cela : un intermède entre ce qui a été et ce qui sera. Mais, en réalité, c’est cela même la vie ; la vie n’est rien d’autre. Elle est sans gloire, sans éclat, pleine de déceptions — en fait elle n’est qu’une seule et longue déception ; nous sommes assis en permanence dans la salle d’attente à guetter un rapide qui ne vient pas. Mais cette lande pleine de bruyère, de sables et de maigres pins dont le soleil illumine les couronnes rouillées — quelle plus merveilleuse beauté que celle-là ?
MILENA JESENSKÁ, (1896~1944)
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Il commence à faire nuit...
Le petit peuple de la Forêt
A travers les bouleaux blanc déshabillés,
Se tiennent droit vers le coucher de soleil,
Se cachant entre les rondins les âmes des bois...


