Un être peut se sentir seul, malgré

“ Un être peut se sentir seul, malgré l'amour des autres,
s'il n'est le "préféré" de personne.”
Anne Frank

“ Un être peut se sentir seul, malgré l'amour des autres,
s'il n'est le "préféré" de personne.”
Anne Frank

Les gens veulent l'amour conjugal parce qu'il leur apporte un bien être, une certaine paix. C'est un amour prévisible puisqu'ils l'attendent, qu'ils l'attendent pour des raisons précises. Un peu ennuyeux, comme tout ce qui est prévisible. La passion amoureuse, elle, est liée au surgissement. Elle brouille l'ordre, elle surprend.
Il y a une troisième catégorie. Moins connue que j'appellerai... la rencontre inévitable. Elle atteint une extrême intensité et aurait pu ne pas avoir lieu. Dans la plupart des vies elle n'a pas lieu. On ne la recherche pas, elle ne surgit pas non plus. Elle apparaît. Quand elle est la on est frappé de son évidence. Elle a pour particularité de se vivre avec des êtres dont on n'imaginait pas l'existence, ou qu'on pensait ne jamais connaître. La rencontre inévitable est imprévisible, incongrue, elle ne s'intègre pas à une vie raisonnable. Mais, elle est d'une nature tellement autre, qu'elle ne perturbe pas l'ordre social puisqu'elle y échappe.
Un amour impossible

Ce ne sont pas ceux qui crient leur Amour
Qui aiment le plus ni le plus Longtemps.
Marcel Jouhandeau- (Le lien de ronces)
L'amour est masochiste. Ces cris, ces plaintes, ces douces alarmes, cet état d'angoisse des amants, cet état d'attente, cette souffrance latente, sous-entendue, à peine exprimée, ces mille inquiétudes au sujet de l'absence de l'être aimé, cette fuite du temps, ces susceptibilités, ces sautes d'humeur, ces rêvasseries, ces enfantillages, cette torture morale où la vanité et l'amour-propre sont en jeu, l'honneur, l'éducation, la pudeur, ces hauts et ces bas du tonus nerveux, ces écarts de l'imagination, ce fétichisme, cette précision cruelle des sens qui fouaillent et qui fouillent, cette chute, cette prostration, cette abdication, cet avilissement, cette perte et cette reprise perpétuelle de la personnalité, ces bégaiements, ces mots, ces phrases, cet emploi du diminutif, cette familiarité, ces hésitations dans les attouchements, ce tremblement épileptique, ces rechutes successives et multipliées, cette passion de plus en plus troublée, orageuse et dont les ravages vont progressant, jusqu'à la complète inhibition, la complète annihilation de l'âme, jusqu'à l'atonie des sens, jusqu'à l'épuisement de la moelle, au vide du cerveau, jusqu'à la sécheresse du cœur, ce besoin d'anéantissement, de destruction, de mutilation, ce besoin d'effusion, d'adoration, de mysticisme, cet inassouvissement qui a recours à l’hyper irritabilité des muqueuses, aux errances du goût, aux désordres vaso-moteurs ou périphériques et qui fait appel à la jalousie et à la vengeance, aux crimes, aux mensonges, aux trahisons, cette idolâtrie, cette mélancolie incurable, cette apathie, cette profonde misère morale, ce doute définitif et navrant, ce désespoir, tous ces stigmates ne sont-ils point les symptômes mêmes de l'amour d'après lesquels on peut diagnostiquer, puis tracer d'une main sûre le tableau clinique du masochisme ?
Blaise Cendrars

L'Amour rebelle, c'est partager ensemble les mêmes Illusions
Pour affronter ensemble la désillusion du Monde..


"Elles veulent faire l'Amour !"
Je discutais avec une amie dernièrement. Elle me disait : "je me retrouve entourée de femmes qui n’ont plus de sexualité dans leur couple alors qu’elles me disent être très en demande. Les célibataires me disent « je fais peur aux hommes, j’ai l’impression d’avoir plus de désir que lui et de le faire fuir »".
Hum... Le désir des femmes ferait-il peur aux hommes ?
Personnellement j'ai longtemps connu la situation où j'avais plus de désir qu'elle. Avec le temps j'ai compris que le mien était suralimenté par mon mental et que le sien était inconsciemment bloqué parce qu'elle n'avait pas vraiment besoin de ce que j'avais à offrir à ce moment-là.
Avec le déconditionnement, j'ai remarqué que nos désirs sont davantage synchronisés. Toutefois, je me souviens des premiers moments de transition où j'ai été littéralement décoiffé par l'ampleur de son désir de femme. Comme si le balancier s'était libéré d'un coup après tant d'années de retenue. Pfiou !
Au début je m'en souviens j'étais enchanté. Je me sentais enfin exaucé ! Mais, au bout d'un moment je me suis demandé comment j'allais faire pour assurer si ça continuait comme ça... Il me semblait que tôt ou tard j'allais manquer de puissance pour dire les choses simplement. J'étais à ce moment-là encore très préoccupé par ma performance d'amant.
Après bien des prises de conscience, beaucoup de travail pour déposer mes idées préconçues, j'en suis arrivé à réaliser que ce n'était pas tellement d'un superman dont elle avait vraiment envie. Non, je n'avais pas besoin d'être toujours prêt pour LE grand soir ni de lui procurer des orgasmes à répétition et sur commande.
En réalité, ce dont elle avait le plus besoin, c'était que j'entre en elle avec amour et que je le fasse en étant présent, en étant conscient d'entrer dans un Lieu Sacré. Voyez-vous une limite à l'amour et à la présence qu'on peut offrir à quelqu'un ? Personnellement je n'en vois aucune.
Je suis tout à fait conscient qu'il y a beaucoup de conditionnements qui recouvrent cette vérité toute simple, et chez les hommes et chez les femmes. C'est à chacun de chercher sa vérité, de poser ses questions, de se mettre en mouvement. De mon côté, je peux vous assurer qu'il existe vraiment un autre pays à explorer au-delà de la course à l'excitation... et que ce pays me semble s'étendre à l'infini.
Jean-Philippe Ruette