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"Pour être avec l’autre, il faut avoir compris des choses en soi.
Si tu n’as rien compris en toi, si, comme dit Simone Veil, tu ne t'es pas élucidé un minimum, qu’est-ce que tu vas comprendre de l’autre ?
Tu ne comprendras de l’autre que ce que tu as vaguement compris de toi.Je ne peux jouir de l’autre qu’en ayant de l’empathie, et pour avoir de l’empathie il faut que je le comprenne.
Pour le comprendre, au sens premier (le prendre avec) il faut que je comprenne des choses en moi pour que ce qu’il est résonne en moi.
Et pour que ça résonne en moi comme un, il faut quand même que je m’y sois colleté à ce que je suis (qui est minable, médiocre, chaotique, inconséquent), mais tant que tu n’as pas un début d’élucidation de ce que tu es, qu’est-ce que tu vas recevoir de l’autre?!.
Tu ne vas rien comprendre de l’autre parce que pour comprendre l’autre et bien il faut avoir compris soi.
Tu n’as de sympathie avec l’autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi. Une véritable sympathie pas une relation mondaine, c’est autre chose, ça c’est une ivresse.
Ce que je peux dire modestement, c’est que mon affection pour l’autre ne peut pas ne pas dépendre de ce que j’ai accepté d’aimer un peu en moi.
Car si je ne connais rien du tout de moi et si je ne sais pas qui je suis, je vais être dans un tel état d’incertitudes, de non présence, que je ne vais rien voir dans l’autre, et, ici, la phrase de Nietzsche est admirable : " je ne vais voir dans l'autre qu’une confirmation de moi, je vais l’utiliser, l’instrumentaliser, pour en faire un spectateur et non pas une rencontre."
Fabrice Luchini
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"Mon cher,
Trouvez ce que vous aimez et laissez-le vous tuer. Laissez-le vous épuiser de tout. Laissez-le s'accrocher à votre dos et vous peser dans le néant éventuel. Laissez-le vous tuer et laissez-le dévorer vos restes. Car toutes choses vous tuent, lentement et rapidement, mais c'est beaucoup mieux d'être tué par un amant.
Fauxsement vôtre. "
Charles Bukowski
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« Elle avait besoin de livres autant qu'ils avaient besoin d'elle pour lire leurs pages. Elle allait à la bibliothèque et trouvait un coin tranquille, s'asseyait pendant des heures et lisait de couverture à couverture. C'était la seule fois où elle pouvait oublier des choses qui lui passaient en tête. Des choses qui la stressaient. Des choses qui lui ont fait courir l'esprit la nuit pendant qu'elle était allongée au lit. Ici à la bibliothèque, elle était en paix. Elle s'est connectée aux personnages. Elle serait fière et soutenait l'un, pleurerait et pleurait l'autre, même en colère contre les décisions que l'un a prises. Quand le livre a été terminé, elle était encore laissée ressentir toutes les émotions qui tourbillonnaient en elle. Quelques jours après, les ruptures et les morts la dérangeraient encore. Elle a essayé de faire différents scénarios dans sa tête, donc l'histoire s'est terminée différemment et ce n'était pas une tragédie. Elle aimait les fins heureuses. Ils lui ont rappelé qu'un jour elle peut en avoir un aussi".
Michele McKenna, Simple Élégance




