Fuyez la froideur, réchauffez-vous dans les bras des gens qui vous aiment et vous considèrent, et si vous sentez cette petite flamme au fond de vous, qui rayonne au travers de vos failles et s'en va réchauffer les autres, soufflez pour l'attiser.
La lecture est une amitié. Dans la lecture, l'amitié est soudain ramenée à sa pureté première. Avec les livres, pas d'ambiguïté. Ces amis-là, si nous passons la soirée avec eux, c'est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu'à regret. Et quand nous les avons quitté, aucune de ces pensées qui gâtent l'amitié :
- Qu'ont-ils pensé de nous ? - N'avons-nous pas manqué de tact ? - Avons-nous plu ? - et la peur d'être oublié pour un tel autre.
Toutes ces agitations de l'amitié expirent au seuil de cette amitié pure et calme qu'est la lecture.
Faire confiance à son intuition, apprendre à s’écouter, c’est tout simplement être libre. (…) Nous nous faisons souvent une idée erronée de la liberté : nous la réduisons à une absence totale de contraintes. Nos existences étant contraintes de part en part, nous en concluons que nous ne sommes pas libres. Or, la liberté n’a rien à voir avec l’absence de contraintes. Nous sommes libres, écrit Bergson, lorsque nous sommes pleinement ce que nous sommes, lorsque nous réussissons à accueillir dans l’instant la totalité de notre passé, de notre vécu. C’est exactement cela, s’écouter. Accueillir ce passé, ce vécu, ce n’est pas le simplifier dans une unité fictive ou une identité forcée, mais l’accepter comme il est, dans son irréductible complexité.