Eklablog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 Citation de Albert Camus

 

Voyage Mer Méditerranée : Séjours et Circuits sur mesure

 

J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer, tous les luxes alors m’ont paru gris, la misère intolérable. Depuis, j’attends. J’attends les navires du retour, la maison des eaux, le jour limpide. Je patiente, je suis poli de toutes mes forces. On me voit passer dans de belles rues savantes, j’admire les paysages, j’applaudis comme tout le monde, je donne la main, ce n’est pas moi qui parle. On me loue, je rêve un peu, on m’offense, je m’étonne à peine. Puis j’oublie et souris à qui m’outrage, ou je salue trop courtoisement celui que j’aime. Que faire si je n’ai de mémoire que pour une seule image ? On me somme enfin de dire qui je suis. « Rien encore, rien encore... »

C’est aux enterrements que je me surpasse. J’excelle vraiment. Je marche d’un pas lent dans des banlieues fleuries de ferrailles, j’emprunte de larges allées, plantées d’arbres de ciment, et qui conduisent à des trous de terre froide. Là, sous le pansement à peine rougi du ciel, je regarde de hardis compagnons inhumer mes amis par trois mètres de fond. La fleur qu’une main glaiseuse me tend alors, si je la jette, elle ne manque jamais la fosse. J’ai la piété précise, l’émotion exacte, la nuque convenablement inclinée. On admire que mes paroles soient justes. Mais je n’ai pas de mérite : j’attends.

J’attends longtemps. Parfois, je trébuche, je perds la main, la réussite me fuit. Qu’importe, je suis seul alors. Je me réveille ainsi, dans la nuit, et, à demi endormi, je crois entendre un bruit de vagues, la respiration des eaux. Réveillé tout à fait, je reconnais le vent dans les feuillages et la rumeur malheureuse de la ville déserte. Ensuite, je n’ai pas trop de tout mon art pour cacher ma détresse ou l’habiller à la mode.

D’autres fois, au contraire, je suis aidé. À New York, certains jours, perdu au fond de ces puits de pierre et d’acier où errent des millions d’hommes, je courais de l’un à l’autre, sans en voir la fin, épuisé, jusqu’à ce que je ne fusse plus soutenu que par la masse humaine qui cherchait son issue. J’étouffais alors, ma panique allait crier. Mais, chaque fois, un appel lointain de remorqueur venait me rappeler que cette ville, citerne sèche, était une île, et qu’à la pointe de la Battery l’eau de mon baptême m’attendait, noire et pourrie, couverte de lièges creux.

Ainsi, moi qui ne possède rien, qui ai donné ma fortune, qui campe auprès de toutes mes maisons, je suis pourtant comblé quand je le veux, j’appareille à toute heure, le désespoir m’ignore. Point de patrie pour le désespéré et moi, je sais que la mer me précède et me suit, j’ai une folie toute prête. Ceux qui s’aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir : ils savent que l’amour existe. Voilà pourquoi je souffre, les yeux secs, de l’exil. J’attends encore. Un jour vient, enfin...

 

Albert Camus, "La mer au plus près (Journal de bord)", 1953, L'Été.

 

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

 

Aucune description de photo disponible.

 

 

J'aime les voyages sans retour, l'amour dans son impossible combat, l'encre humide qui infiltre ma peau, la liberté cela me va, j'aime caresser d'un rêve, les vôtres sur mon sein, je suis sans danger pourtant si dangereuse, je sais faire l'amour par les mots, j'embrasse à distance les chagrins de vos vies, je m'infiltre dans vos pensées, j'aime cette tendresse, douce folie, j'aime vous savoir à moi, rien qu'à moi, sur l'eau divine de ma pose, par la force des verbes vous m'appartenez, vous manquez d'amour et moi j'en suis gorgée, je suis maîtresse de vos lèvres, maîtresse de la prose, laissez dormir mes lettres à jamais sur vos corps.

 

Carole Riquet.

 

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

 

 

Portfolio : le printemps en montagne parPierre Lonchampt

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

 

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

Peut être une image de 1 personne

 

La méfiance est toujours pour moi une des formes de l'intelligence. La confiance une des formes de la bêtise.

 

Paul Léautaud

 

Voir les commentaires

Publié depuis Eklablog

Publié le par OursduForez63

 

 

 

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’"Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre." Christian Bobin’

 

Voir les commentaires