A méditer un texte découvert sur la toile qui résume tristement la situation

Sur le bord d’une départementale, un vieux chêne lutte pour sa survie. Il cherche désespérément ce précieux liquide qui depuis des siècles le nourrit. A son pied, l’herbe jadis si juteuse et d’un vert si profond est désormais sèche et grillée.
Des oiseaux patientent dans sa cime, les ailes écartées et le bec entrouvert. Ils chanteront à l’aube, quand l’air sera frais.
Un renard somnolent à l’ombre de son tronc, haletant, épuisé par la chaleur écrasante.
Au loin, les champs de lavande ont été désertés par le fermier, fuyant le soleil brulant.
Seules quelques abeilles courageuses et travailleuses se tuent à la tâche.
Un couple de buses tournoie très haut dans le ciel bleu azur, espérant trouver un rongeur insouciant, se promenant dans un champ. L’un d’eux pousse des cris, comme des alertes d’un danger à venir...
On entend le moteur d’une voiture approcher à toute allure. Le véhicule s’arrête au bord de la route, à l’ombre du vieux chêne. Un homme en descend, ou peut-être est-ce une femme, aucune importance...
Il (ou elle) allume une cigarette, appuyé(e) sur le capot brulant du bolide. Et comme pour se débarrasser de toutes ses frustrations, il fait voler le mégot dans les broussailles. Il remonte dans sa voiture, un drôle de petit sourire aux lèvres et repart.
Le mégot fume encore ... et en un instant tout s’embrase !
Les oiseaux s’envolent, le renard court se mettre à l’abri, les buses s’éloignent en criant.
Le vieux chêne n’est plus !
Les oiseaux ont perdu leur foyer,
Le renard suffoque dans sa tanière
Les abeilles partent en cendre dans leur ruche,
Le fermier perd sa récolte.
Le vieux chêne n’est plus !
Et moi, je pleure impuissante devant notre bêtise et notre inconscience.
Birgit Offroy
