Aussi, lorsque je me réveille au cœur du matin

Aussi, lorsque je me réveille et reprends peu à peu ma place dans le monde engourdi, au cœur du matin et d'une lumière naissante, et que mes mains, comme aimantées, viennent effleurer le corps qui repose à côté du mien, et que je sens le chaud de ce corps, son rythme lent de respiration pour peu qu'il soit encore, lui, dans le sommeil, ne se doutant pas que je viens quant à moi de le quitter, je me blottis au plus près, peau contre peau, buvant la tiédeur nocturne enlacée dans le tissu des draps et celui, plus mince et plus léger, de la chemise de nuit qui le revêt, laissant les épaules nues, les bras, la naissance de la gorge sur laquelle mes doigts viennent sentir la vie et le sang qui bat.
Philippe Claudel
Parfums