Tellement absurde et éphémère est notre passage dans ce Monde




Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil.
Antoine de Saint-Exupéry
Le Petit Prince

Le petit prince arracha aussi, avec un peu de mélancolie, les dernières pousses de baobabs. Il croyait ne jamais devoir revenir. Mais tous ces travaux familiers lui parurent, ce matin-là, extrêmement doux. Et, quand il arrosa une dernière fois la fleur, et se prépara à la mettre à l’abri sous son globe, il se découvrit l’envie de pleurer.
– Adieu, dit-il à la fleur. Mais elle ne lui répondit pas. Adieu, répétât-t-il.
La fleur toussa. Mais ce n’était pas à cause de son rhume.
– J’ai été sotte, lui dit-elle enfin. Je te demande pardon. Tâche d’être heureux.
Il fut surpris par l’absence de reproches. Il restait là tout déconcerté, le globe en l’air. Il ne comprenait pas cette douceur calme.
– Mais oui, je t’aime, lui dit la fleur. Tu n’en as rien su, par ma faute. Cela n’a aucune importance. Mais tu as été aussi sot que moi. Tâche d’être heureux… Laisse ce globe tranquille. Je n’en veux plus.
– Mais le vent…
– Je ne suis pas si enrhumée que ça. L’air frais de la nuit me fera du bien. Je suis une fleur.
– Mais les bêtes.
– Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît que c’est tellement beau. Sinon qui me rendra visite ? Tu seras loin, toi. Quand aux grosses bêtes, je ne crains rien. J’ai mes griffes.
Et elle montrait naïvement ses quatre épines. Puis elle ajouta :
– Ne traîne pas comme ça, c’est agaçant. Tu as décidé de partir. Va-t’en.
Car elle ne voulait pas qu’il la vît pleurer. C’était une fleur tellement orgueilleuse.
Antoine de Saint-Exupéry
Le petit Prince

"Je me suis souvent retrouvée, tellement meurtrie par les coups ; à demi écrasée, piétinée, par ce monde de fous... Je me suis retrouvée seule, les yeux pleins de larmes ; je me suis retrouvée en deuil, à la recherche de mon âme... Sous avec une inextricable solitude, perdu entre rêves et illusions ; je doute parfois de mes certitudes, à l'ombre de mes déceptions... Malgré tout, je continue d'avancer, je ne laisse rien paraître ; je refuse de me lamenter, sur ce que ma vie aurait pu être... Je préfère être actrice de ma vie, quitte à ne jamais jouer de grands rôles, que spectatrice de vos oublis, et finirent en camisole..."
Enora Braska.