" Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux-mêmes... On me dit : je suis médecin ou comptable mais rarement : ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main. .. ou encore : je suis redescendue tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille ; je crois que je les aime encore ; ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger.
Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ? "
" Nous avons besoin de paysans, de poètes, de gens qui savent comment faire du pain, qui aiment les arbres et savent reconnaître les vents. On devrait passer au moins deux heures par jour en plein air. Écoutez les anciens, les laisser parler de leur vie. Inventer des petites prières personnelles et les utiliser. Exprimez de l'admiration pour quelqu'un au moins une fois par jour. Se préoccuper de ceux qui tombent et les aider à se relever. Lire de la poésie à voix haute. Faire chanter ceux qui aiment chanter. De cette façon, on apprendrait à sentir de nouveau la terre où on pose nos pieds et à ressentir de la sympathie sincère pour toutes les créatures de la création".