
Black Friday : La foire aux illusions
Ah, le Black Friday… Cette grande messe du consumérisme où l’on se bat pour des grille-pains à moitié prix, comme si nos vies en dépendaient. Bien sûr, c’est pratique si vous avez vraiment besoin d’un objet, mais pour ça, il faut avoir un détail souvent oublié : de l’argent. Et si vous n’en avez pas ? Eh bien, bienvenue dans le royaume des crédits et des découverts, où les banques se frottent les mains. Parce qu’au final, ce ne sont pas les consommateurs qui sortent gagnants, mais les institutions financières, toujours là pour prêter avec un grand sourire... et des taux d’intérêt assassins.
Et parlons de cette absurdité de copier servilement les Américains. Non, on n’est pas aux États-Unis, où la culture de la surconsommation est une religion. Chez nous, ce Black Friday, c’est juste une farce cynique dans un pays où des millions peinent à finir le mois. Ça devient obscène, ce défilé d’écrans géants et de gadgets inutiles, pendant que d’autres comptent leurs centimes pour acheter des pâtes.
Les pubs, elles, s’en donnent à cœur joie. "Faites-vous plaisir, tout doit disparaître !" Oui, tout, sauf la pauvreté et l’injustice sociale. Chaque spot publicitaire est une petite claque dans la figure des plus démunis. Et ça ne dérange personne ! On s’assoit confortablement devant ce spectacle de désespoir maquillé en opportunité, et on se dit : "C’est la vie." Non, c’est une farce cruelle.
Et qui en profite, au final ? Pas ceux qui ont faim, pas ceux qui n’ont pas de toit. Non, ce sont les "bourges", les bien-pensants qui s’achètent une télé 8K pour se distraire de la misère qui les entoure. Pendant que les autres rêvent de finir le mois sans trop de casse, eux remplissent leur panier et s’imaginent malins.
Alors oui, ras-le-bol de cette époque ! Ras-le-bol de ce système qui pousse à consommer sans réfléchir, qui joue avec les frustrations des plus précaires pour enrichir ceux qui n’en ont pas besoin. Peut-être qu’un jour, au lieu de courir après les promos, on courra après la justice sociale. Et ce jour-là, on ne fera pas la queue pour un téléviseur, mais pour renverser les étals de cette foire à la bêtise.
En attendant, moi, j’éteins la radio et je coupe les pubs. Parce que franchement, ce spectacle-là, il n’a rien de divertissant.