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“ Il m'arrive de temps en temps de me réveiller la nuit et d'avoir terriblement peur, me dit-elle en se blottissant contre mon bras. J'ai comme l'impression que si je continue à être tordue et si je n'arrive pas à me retrouver comme avant, je vais vieillir et je vais finir par pourrir sur place. A cette pensée, je me glace jusqu'au fond de moi. C'est affreux, tu sais. C'est pénible à supporter, tout ce froid...”
Haruki Murakami
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"Je la voyais comme une femme forte, indestructible, inatteignable. Une vraie guerrière incapable de frémir de peur face aux combats de la vie. Tout semblait glisser sur elle comme de l'eau sur les plumes d'un canard, rien n'ébranlait sa joie ou son sourire. Une femme droite, toujours de bonne humeur, dont les soucis semblaient quasiment inexistants.
J'imaginais que sa force était innée et je pensais qu'elle ne doutait de rien.
Elle n'avait pas du tout l'air d'un petit oiseau fragile ou à l'aile brisée, bien au contraire.
C'était l'assurance incarnée.
Mais lorsqu'elle s'est cognée à la souffrance, lorsque j'ai vu les larmes au bord de ses yeux, j'ai compris qu'elle s'était enfermée dans une coquille protectrice pendant tout ce temps.
Elle n'a jamais fait semblant, ça non.
Forte, elle l'était. Mais elle était tout aussi fragile. Une secousse de son cœur un peu trop forte, et sa coquille se fissurait..."
Emmanuelle Girin



