Publié depuis Eklablog
Publié depuis Eklablog

" Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux-mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.
Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux. On me dit, je suis médecin ou comptable mais rarement, ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main, ou encore, je suis redescendu tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille, je crois que je les aime encore. Ou, je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger. Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ? Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre.
Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux.
Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé. Mais ce dont j'ai plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre".
Christiane Singer
Publié depuis Eklablog

Tu t'imagines que tu peux mener une existence romantique, que tu peux vivre pour ton plaisir et pour celui des autres. Tu découvriras que c'est une erreur. Quelle que soit la vie que l'on mène, il faut y mettre son âme pour qu'elle soit une réussite ; et, à partir du moment où tu t'y efforces, la vie cesse d'être un roman, crois-moi, pour devenir une réalité brutale ! Et tu ne peux toujours te plaire à toi-même ; tu dois parfois contenter les autres. Cela, je l'admets, tu es prête à le faire mais une nécessité plus importante encore s'impose : tu dois souvent mécontenter les autres. Tu dois toujours y être prête ; tu ne peux t'y dérober. Cela ne te va pas du tout ; tu aimes trop être admirée et que l'on pense du bien de toi. Tu crois que l'on peut échapper aux devoirs déplaisants en adoptant des opinions romantiques ; voilà ta grande illusion, ma chérie. Car, c'est impossible. Il faut se préparer à déplaire dans la vie, souvent, à beaucoup de gens, et parfois aussi à soi-même.
Henry James. Portrait de Femme
Publié depuis Eklablog
Publié depuis Eklablog
Dans cette surenchère de produits, cette pléthore de biens, cet excès de paroles, de slogans, d'idéologies qui nous étouffent, nous n'avons besoin ni d'une nouvelle théorie, ni d'un autre messianisme, ni d'une nouvelle idéologie de la bienfaisance, ni même nouvel humanisme ! Nous n'avons besoin que d'un silence, d'une pause, d'une amnistie, le temps de renouer avec notre identité véritable.
Christiane Singer















