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Quand on tombe amoureux, on devient présent à un point phénoménal. Par la suite, ce n’est pas l’amour qui se dissipe, c’est la présence. Si vous voulez aimer comme au premier jour, c’est votre présence qu’il faut cultiver.
Soif de Amélie Nothomb.
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" Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et quand je regarde un visage, j'essaie de tout lire, même les notes en bas de page. Je pénètre dans les visages, comme on s'enfonce dans un brouillard, jusqu'à ce que le paysage s'éclaire dans ses moindres détails. Lire ainsi l'autre, c'est favoriser sa respiration, c'est-à-dire le faire exister. Peut-être que les fous sont des gens que personne n'a jamais lus, rendus furieux de contenir des phrases qu'aucun regard n'a jamais parcouru. Ils sont comme des livres fermés".
Christian bobin
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" Il faut une liberté mouvante et fluide pour vivre sans exigence, pour oser recevoir et accueillir l'imprévisible en suspens dans la palpitation de l'intense. Une liberté plus grande encore pour pouvoir donner sans contre-partie, offrir gratuitement, sans l'attente d'un retour, avec l'émotion du seul bonheur d'aimer.
Aimer ainsi est une provi-danse, c'est un élan qui vous anime, une quête qui vous précède, c'est un état de grâce, une énergie qui vous porte."
Jacques Salomé
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" Je ressens une sourde et forte mélancolie, une indicible peur de ce qui va venir. Et je sais que demain sera encore terrible. Les vagues de mon cœur secouent l'anesthésie, impossible d'échapper au quotidien ravageur. Je photographie donc, comme pour griffonner, puisqu'une âme livrée à son propre néant, n'a de ressource que la gymnastique écorchée, en image ou en mots de se formuler. D'espoirs en intentions ratées, de joie en extrême fatigue, l'effrayante détresse exige des sacrifices. Chacun d'eux est un pas vers une vraie liberté mais qui laisse des traces non encore effacées. Car seul un autre élan peut nous faire revivre, oublier, respirer, et vraiment nous sauver".
Laurent Lg
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"Je pense à tes yeux, petit chat. Qui donc allume les yeux des bêtes et les fait aussi purs ? Tes yeux étaient deux vitres derrière lesquelles un ange me dévisageait en silence. Un visage humain, je crois savoir ce que c'est, une lettre à déchiffrer, porteuse de vie ou de mort. Elle vient de loin. Certains mots manquent. Mais qu'est-ce qu'un visage animal ? Mais toi, petit chat ? Les animaux sont des théologiens muets. Leurs nerfs sont les cordes du ciel. Ton ombres s'allonge sur la lettre que je suis en train d'écrire et cet embarras m'éclaire plus que tous les mots".
Christian Bobin

