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Les dimanches, surtout en fin d'après-midi, et si vous êtes seul,
Ouvrent une brèche dans le temps. Il suffit de s'y glisser.
Patrick Modiano L'herbe des nuits (2012)
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Ce qui est pire c'est qu'on se demande comment le lendemain on trouvera assez de forces pour continuer à faire ce qu'on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n'aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l'accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre que le destin est insurmontable, qu'il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l'angoisse du lendemain, toujours plus précaire, plus sordide.
C'est l'âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On n'a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité. Et où aller dehors, je vous le demande, dès qu'on n'a plus en soi la somme suffisante de délire ? La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi.
Céline. Voyage au bout de la nuit.
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J'ai consulté mon téléphone : je n'avais aucun message. C'est à cela que servent les téléphones portables, à se rendre compte que personne ne pense à vous. Avant, on pouvait toujours rêver que quelqu'un cherchait à vous joindre, à vous parler, à vous aimer. Nous vivons maintenant avec cet objet qui matérialise notre solitude.
La tête de l'emploi. David Foenkinos
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Seins, fins régals des mains qu'ils gorgent de délices. - Seins lourds, puissants, un brin fier et moqueurs, - Dandinés, balancés, et, se sentant forts et vainqueurs, - Vers nos prosternements comme regardant en coulisse.
Paul Verlaine
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On ne peut pas être Malheureuse lorsqu'on a Ceci :
L'odeur de la Mer, le Sable sous les Doigts...l'Air, le Vent...
Le vin de solitude - Irène Némirovsky
