"J'ai adopté ton chien aujourd'hui. Celui que tu as laissé au refuge. Celui que tu ne veux plus.. Sais-tu qu'il a perdu beaucoup de poids ?. Sais-tu qu'il est terrorisé et déprimé ?. Et il semble qu'il ait perdu toute confiance.. J'ai adopté ton chien aujourd'hui. Il avait des puces et souffrait. Au refuge, ils m'ont dit que tu l'avais abandonner sans même un regard. Pourquoi ne pouvait-il pas rester avec toi ? Il ne joue pas et mange à peine. Je pense qu'il est très triste et que cela prendra du temps avant de retrouver sa confiance. Avec ma femme nous l'aimerons. Il a trouvé sa famille pour toujours et un endroit chaleureux pour se détendre. J'ai adopté ton chien aujourd'hui et je lui donnerai tout : patience, amour et sécurité. Pour qu'il puisse oublier ta lâcheté."
Je redécouvrais tout. Il n'y a pas d'âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu'on ne fait que ça toute sa vie. Repartir, recommencer, respirer : comme si l'on apprenait jamais rien sur l'existence, sauf, parfois, une caractéristique de soi-même inconnue de nous et de nos amis : une endurance, une vaillance, une légèreté, quelque chose qui revient au jour dans les pires moments et sur quoi on ne comptait pas.
« Les gens me disent d’être sage. Toi tu me dis d’être fou ». Cette prière de Charles de Foucauld ne m’a jamais quittée. Je l’avais cousue, enfant, dans l’ourlet de ma jupe. Soyons fous. Soyons ces desesperados de l’espoir, ces chevaliers de l’impossible.
Tenter ce qui paraît impossible est la seule chose qui soit à ma mesure !
Laissons tout le reste aux fonctionnaires de l’ordre établi, aux comptables des petits gains, aux gardiens des petits cimetières. Ce n’est pas notre affaire ! Il n’y a rien à craindre : dans chaque regard que je rencontre, je perçois cette force intacte qui attend d’être reconnue pour surgir. Cette dimension rayonnante qui nous habite tous. Le monde rayonne. Le monde est sauvé depuis longtemps.
Que cette nouvelle traverse les murs des prisons !