Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de Blâmable

"Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui."
Démocrite

"Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui."
Démocrite

C'est quelqu'un qui court
Devant, derrière, toujours, toujours
C'est quelqu'un qui court
Après le temps, après l'amour
Et quelqu'un qui l'attend
Très loin derrière ou loin devant
Du coucher du soleil jusqu'au lever du jour
C'est quelqu'un qui court
Après l'amour, la mort, la vie
Qui court dans la nuit
C'est quelqu'un qui court
Pour attraper ou retenir
Quelqu'un qui le fuit
Qui a pris trop d'avance sur lui
C'est quelqu'un qui court
Après son imagination
Ses envies, ses pulsions, ses lubies
C'est quelqu'un qui court
D'un pas léger ou d'un pas lourd
Quelqu'un qui fait le tour
De tous les chemins à rebours
C'est quelqu'un qui court
Au bord du malaise et du gouffre
Se précipite et se camoufle
Quand il veut reprendre son souffle
C'est quelqu'un qui court
Après le cours de son destin
Quelqu'un que l'amour
A abandonné en chemin
Et qui se lance éperdument
Les yeux rivés sur le cadran
Dans une fuite en avant
Pour arriver dans les temps
C'est quelqu'un qui court
A son salut ou à sa perte
Le pouls rapide et sourd
Qui fend l'air entre deux alertes
C'est quelqu'un qui écume
Le long dédale des nuits sans lune
À débusquer l'infortune
Comme un chat noir sur le bitume
C'est quelqu'un qui court
Pour échapper à ses angoisses
Quelqu'un qu'on pourchasse
Qu'on veut coincer au fond d'une impasse
Quelqu'un qui se dépasse
Qui veut sortir de la nasse
C'est quelqu'un qui court
Avant, pendant, après l'amour
Qui détale comme un dératé
Quelqu'un au regard exalté
C'est quelqu'un qui court
Le corps tout prêt à exploser
Haletant, suffocant
Il court au chevet d'un mourant
C'est quelqu'un qui court
Devant sa peur, après son ombre
Quelqu'un qui se sent lourd
Écrasé par le poids du nombre
C'est quelqu'un qui court
Poursuivi par les idées sombres
Il est stressé, il est pressé
Il est traqué, il est cerné
C'est quelqu'un qui tombe...
Qui roule à terre et se relève
Mais encore quelqu'un court
Et court, et court, et court
Entre les murs et les passants
Quelqu'un qui va le cœur battant
C'est quelqu'un qui court
En attendant le bon tournant
Pour se jeter vibrant
Dans les bras de l'amour
C'est quelqu'un qui court
Qui pourrait bien semer sa peur
C'est quelqu'un qui court
En voulant rattraper l'âme sœur
C'est quelqu'un qui croit...
Qui croit
Qui croit
Qu'il trouvera
Mais court si vite qu'il n'entend pas
La voix qui lui crie:"attends-moi !"
Jacques Higelin,
Flâner entre les intervalles

Tu sais quoi, Bouffon comme je t'aime bien
je t'accorde la faveur de choisir ta façon de mourir
C'est ce que François 1er, roi de France au 16ème siècle a dit à son bouffon juste après avoir annoncé son exécution
Ce bouffon du roi s'appelait Triboulet et le roi le condamnait à mort pour s'être moqué des dames de la cour
Oui, ça rigolait moyen à l'époque
Maintenant, imaginez, vous êtes Triboulet
Quelle mort choisissez-vous ?
Pendaison, décapitation, poison, crucifixion, bûcher ?
Le choix est vaste et vous n'avez que quelques secondes pour répondre
Un roi, ça n'aime pas attendre
Imaginez votre stress devant ce verdict. Seule la mort vous attend. Aucune chance de s'en sortir
Vraiment ? Et si vous ne pensiez plus à la gravité de votre problème mais à la solution. Que répondez-vous ?
Le roi attend votre choix
Triboulet leva les yeux vers le roi, sourit et répondit :
"Sire, puisque vous me le demandez, par Sainte Nitouche, je choisis de mourir de vieillesse !"
Devant cette réponse inattendue, le roi sourit à son tour et devant cette incroyable flexibilité cognitive se contenta de le bannir
Cette flexibilité cognitive vous sauvera, surtout en période de crise et de reprise
Sur quoi avez-vous décidé de mettre votre focus ?
Ne reste pas là à pleurer devant ma Tombe
Ne reste pas là à pleurer devant ma tombe Je n'y suis pas, je n'y dors pas... Je suis le vent qui souffle dans les arbres Je suis le scintillement du diamant su...r la neige Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr Je suis la douce pluie d'automne... Quand tu t'éveilles dans le calme du matin Je suis l'envol de ces oiseaux silencieux Qui tournoient dans le ciel... Alors ne reste pas là à te lamenter devant ma tombe Je n'y suis pas, je ne suis pas mort ! Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement Parce que je suis hors de ta vue ? La mort tu sais, ce n'est rien du tout. Je suis juste passé de l’autre côté. Je suis moi et tu es toi. Quelque soit ce que nous étions l'un pour l'autre avant, Nous le resterons toujours. Pour parler de moi, utilise le prénom Avec lequel tu m'as toujours appelé. Parle de moi simplement comme tu l'as toujours fait. Ne change pas de ton, ne prends pas un air grave et triste. Ris comme avant aux blagues qu'ensemble nous apprécions tant. Joue, souris, pense à moi, vis pour moi et avec moi. Laisse mon prénom être le chant réconfortant qu'il a toujours été. Prononce-le avec simplicité et naturel, Sans aucune marque de regret. La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n’est pas rompu. Qu'est-ce que la mort sinon un passage ? Relativise et laisse couler toutes les agressions de la vie, Pense et parle toujours de moi autour de toi et tu verras, Tout ira bien. Tu sais, je t'entends, je ne suis pas loin, Je suis là, juste de l’autre coté.
Le Printemps de la Colère
Et chaque jour un peu plus, en piétinant l'asphalte, elle se plante dans le corps, tout le corps, des pieds qui travaillent à la tête qui pense. Pas un jour sans elle.
Et pourtant dans la ville, on sait encore chanter , crier des mots en partage, en liberté. Des mots d'espoir à lancer par dessus les murailles. Des mots en rouge pour dire la résistance, pour dire que rien ne saura nous encager vivants.
Et chaque matin saluer la vie, le ciel, encore par dessus les toits, et un printemps qui se souvient qu'il doit recommencer à pondre ses bourgeons.
Chaque matin formuler ses promesses dans l'encre des menaces et tenir ses défis.
Chaque matin lancer ses filets à travers les présages.
Chaque jour haranguer la langue et savonner les mots.
La pestilence qui lustre nos regards.
Je marche dans la ville.
Partout des corps cassés, tassés. Dans tous les recoins, des lambeaux d'humains, des hommes, des femmes traqués, des enfants qui bientôt à coups de peur et de misère deviendront des ogres, tout juste bons à séquestrer dans des grillages.
Des cris, des déchirures enfouies dans les caves et les taudis de la ville lumière.
Qui s'en inquiètent, qui hurlent avec des mégaphones par dessus les toits et dans les rues de la capitale? Une poignée d'innocents, attablés devant les tribunaux en espoir d'un minuscule répit dans ce déferlement de la férocité.
Les hyènes sont entrées dans la ville. Les vautours s'engraissent de la moisson humaine.
" Ah, Ministres intègres, conseillers vertueux ..." L'histoire récidive et nul ne songe encore à la capturer pour l'enfermer à vie dans les sous sols de nos aéroports.
La honte est un mot qui noircit à la lumière du jour et qui pourrit sous le soleil.
La honte sera votre habitacle. La demeure des morts vivants.
Je marche dans la ville.
L'autre jour, place des fêtes, à côté des écoles qui affichent leur résistance, une banderole en travers d'un bâtiment, un somptueux drapeau où était écrit en grosses lettres noires :
" SDF en colère, SDF en grève ".
Je me suis arrêtée pour applaudir.
Je marche dans la ville.
Huit heure du matin, je dévale les escaliers du métro. Une voix éraillée me rappelle que chacun de nous est un danger pour l'autre, que je dois surveiller tout ce qui m'environne.
Je regarde les habitants du wagon. Je ne vois rien que des visages éteints, des regards en creux. Le geste fané, usé de la répétition.
Six heures, le soir, je reprends le métro. La voix éraillée toujours présente. Les corps se sont épaissis, tassés sous le néon. La journée s'achève dans le chuintement monocorde des portes qui s'ouvrent et qui se ferment. Seul un bébé, dans son panier, sourit en contemplant ses mains.
Je marche dans la ville
Tôt le matin, je pars avec mon chien prendre mon café au bar, à l'angle de la rue. Le jour est neuf, les regards frais et je savoure la simple bienveillance qui consiste à saluer ceux de mon quartier, à caresser le chien du voisin et à tendre mes mots pour accueillir la lumière.
Je rentre dans un magasin. Une radio graillonne sa vulgarité. Je demande au patron de baisser le son. Il me dévisage.
J'essaie de formuler ce " droit au silence ". Ça n'intéresse personne, puisque personne ne l'entend "ce bruit ". Les adultes sont devenus sourds .
Je marche dans la ville
Rue St Antoine, le tabac a brûlé, carbonisé en une nuit. La suie dégouline sur la devanture. Depuis, la patronne et son équipe dorment à la belle étoiles dans des sacs de couchage. Le bailleur, une société immobilière, refuse de signer la déclaration d'assurance. Il espère reprendre le bail pour en tripler le prix. Le quartier se mobilise, les pétitions circulent. Les consciences s'agitent. La patronne est saluée comme une héroïne. Elle l'est. Son courage et sa détermination font acte. Enfin les paroles parlent. Tous les matins, je les retrouve dans leurs duvets et dans le froid. On se sourit et on s'embrasse. Pourvu que la résistance s'organise ! Pourvu qu'elle persiste ! pourvu que le rire éclate !
Je marche dans la ville.
Dans tous les kiosques de journaux, le bazar de l'obscénité . " Mesdames, Messieurs, avalez, rincez vous l’œil, le foie, on vous sert du tout chaud, du croustillant, du cul, des guerres, des atrocités, faites votre choix, composez le menu !".
Dans les écoles, des enfants sont traqués. Des mères tremblent à la maison pour leur famille. Des mères, des pères disparaissent du jour au lendemain. Les enfants pleurent et attendent, en vain. On expédie les uns, menottes au poing en zone de rétention, les autres dans les commissariats pour délit de faciès !
Assez !
Dans nos prisons, des hommes deviennent fous. La rage et la douleur. Dans nos banlieues, la détresse et la désespérance font leurs ravages.
Assez !
Je marche dans la ville, dans ma ville.
Et la honte me mord le coeur. Le déshonneur !
Depuis toujours je vis dans les mots, par les mots, avec eux et contre eux . Mais aujourd'hui je m'insurge. La douleur est trop lourde, les mots trop malmenés. La confusion beugle.
Silence.
Silence devant les marée noires.
Silence devant l'échec de la conscience.
Silence devant l'offense à la dignité
Silence devant la perte d'humanité
Silence devant les pestilences
Silence devant la barbarie quotidienne et permanente
Silence pour peser sa colère
Silence pour agir sa colère
Silence pour planter des arbres.
Silence pour écouter le vent dans les arbres.
Silence pour apprendre à aimer.
Silence pour apprendre à se taire
Silence pour être poète et le rester.
Silence.
Un silence comme un poing levé.
Comme des mots qui se feraient silex.
Pour affirmer que " vivre en poésie "
C'est aussi porter haut son regard et opérer le noir.
C'est extraire un espoir.
Marianne Auricoste

Ne reste pas là à pleurer devant ma tombe
Je n'y suis pas, je n'y dors pas...
Je suis le vent qui souffle dans les arbres
Je suis le scintillement du diamant sur la neige
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr
Je suis la douce pluie d'automne...
Quand tu t'éveilles dans le calme du matin
Je suis l'envol de ces oiseaux silencieux
Qui tournoient dans le ciel...
Alors ne reste pas là à te lamenter
Devant ma tombe
Je n'y suis pas, je ne suis pas mort !
Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement Parce que je suis hors de ta vue ?
La mort tu sais, ce n'est rien du tout.
Je suis juste passé de l’autre côté.
Je suis moi et tu es toi.
Quelque soit ce que nous étions
L'un pour l'autre avant,
Nous le resterons toujours.
Pour parler de moi, utilise le prénom
Avec lequel tu m'as toujours appelé.
Parle de moi simplement comme tu l'as Toujours fait.
Ne change pas de ton
Ne prends pas un air grave et triste.
Ris comme avant aux blagues
Qu'ensemble nous apprécions tant.
Joue, souris, pense à moi
Vis pour moi et avec moi.
Laisse mon prénom être le chant réconfortant Qu'il a toujours été.
Prononce-le avec simplicité et naturel,
Sans aucune marque de regret.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Tout est toujours pareil, elle continue,
Le fil n’est pas rompu.
Qu'est-ce que la mort sinon un passage ? Relativise et laisse couler
Toutes les agressions de la vie,
Pense et parle toujours de moi
Autour de toi et tu verras, tout ira bien.
Tu sais, je t'entends, je ne suis pas loin
Je suis là, juste de l’autre coté.
Mary Elizabeth Frye.