Publié depuis Eklablog


Ah " Les salauds de pauvres "
Ah, les pauvres, ces salauds de pauvres. Qu'est-ce qu'on en fait de ces gens-là, ces parasites qui vivent dans nos poches, se nourrissent de nos impôts, comme des puces qui s'accrochent sans honte à la bête du travailleur honnête. Ces gens qui, paraît-il, vivent d'une poignée d'euros, 550 euros, tout au plus, et osent appeler ça « vivre ». Une somme tellement ridiculement basse qu'on se demande parfois s'ils ne méritent pas des applaudissements pour cet exploit d’acrobatie économique.
Pendant ce temps, les braves gens, ceux qui triment pour leurs 2 000 euros par mois, suffoquent sous le poids des charges, des crédits, des fins de mois difficiles. « Comment faire ? », disent-ils, « 2 000 euros, c'est à peine suffisant ! » Et ils regardent, de loin, ceux qui survivent avec trois fois moins, et s'autorisent à juger. « Ils n’ont qu’à travailler, ces fainéants », disent-ils, confortablement installés dans leur canapé, l’esprit tranquille, aveuglés par la croyance qu’eux, au moins, sont à l’abri. Ils se croient invincibles, protégés par la sacro-sainte sécurité de l’emploi, ou bien leur petite entreprise prospère.
Mais ça, c’est jusqu’au jour où… Le jour où l’usine délocalise, où le grand groupe préfère payer des ouvriers à l’autre bout du monde, là où les droits du travail sont aussi solides que du papier mâché. Ou alors, c’est la maladie qui frappe, un cancer, un accident, et hop ! les voilà en dehors du circuit, incapables de suivre la course, paralysés par l'angoisse de ne plus pouvoir payer leur loyer. Et que dire des commerçants et artisans ? Eux aussi se croyaient à l’abri, avec leur boutique, leur savoir-faire, jusqu’à ce que le marché les écrase comme des insectes sous la botte d’un algorithme ou d’un centre commercial flambant neuf.
Et là, la magie s’opère. Ces braves gens, jadis pleins de certitudes, deviennent eux aussi des « salauds de pauvres ». Plus personne pour les écouter, plus personne pour s'indigner de leur sort. La machine les rejette, eux qui étaient hier encore des contributeurs, des producteurs. Les voilà rangés dans la catégorie des assistés, ceux qu’on méprise d’un regard.
Pendant ce temps, là-haut, dans les cimes inaccessibles du pouvoir et des grands comptes bancaires, les vrais salauds continuent leur petit manège. Ceux-là, on ne les montre pas du doigt. Ah non, eux, ce sont des génies de la finance, des visionnaires. Leurs entreprises affichent des profits colossaux, mais ne paient pas un sou d’impôts en France, trop occupés à cacher leurs milliards dans les paradis fiscaux. Eux, ils ne jouent pas à survivre avec 550 euros par mois ; non, ils calculent la rentabilité de leurs yachts, de leurs villas, de leurs investissements offshores. Ils ont de quoi vivre sur cinq générations sans lever le petit doigt, mais en veulent toujours plus. Toujours.
Et ils sont là, à donner des leçons de morale sur la « fraude sociale », ces quelques pauvres types qui auraient touché une aide de 100 euros de trop, alors que la fraude fiscale siphonne des milliards chaque année, sans que personne ne bouge un sourcil. Le double discours est un art, un sport national. Ils feignent de s’indigner quand on parle des « assistés », mais se taisent bien lorsqu’il s’agit d’évoquer leurs montages financiers tordus, leurs comptes offshores, leurs exonérations fiscales gagnées à coup de lobbying.
Eux aussi, un jour, pourraient tout perdre. Mais le fait est qu'ils ne perdront jamais. Parce que la machine est faite pour eux, pour que rien ne leur arrive. Qu’importe les crises, les faillites, ils ont toujours un parachute doré, un fonds de secours, une nouvelle entreprise à exploiter.
Alors oui, on les montre du doigt, ces pauvres. Mais rappelez-vous, la frontière entre eux et vous est fine. Très fine. Un licenciement, une faillite, une maladie, et c’est fini. Là où vous regardiez les autres avec mépris, c’est vous qui vous retrouverez de l'autre côté du miroir. Et pendant ce temps, les vrais fraudeurs continueront de se remplir les poches, tout en vous laissant vous débattre dans la boue.
Et le p'tit roitelet arroguant !!!
Ah, Macron, le petit roi de la finance, comme tu dis. Il est souvent perçu comme l'incarnation même de cette caste élitiste et déconnectée, celui qui sait jouer les deux cartes à merveille : d’un côté, il s’affiche comme le président des "réformes", celui qui veut moderniser l’économie, rendre le pays compétitif ; de l’autre, il mène une politique qui, dans les faits, semble taillée sur mesure pour les intérêts des plus riches.
Prenons un instant pour regarder la situation. Il est arrivé au pouvoir en promettant d’être ni de droite ni de gauche, se voulant pragmatique, rationnel, avec pour ambition de redresser les comptes publics, de réduire le déficit, de diminuer la dette. Une belle promesse, mais les faits sont loin de suivre cette ambition.
La dette publique a explosé sous son mandat, culminant à des niveaux stratosphériques, alors même que l'État semble étrangement généreux avec certains. On parle des grands groupes, des géants du CAC 40, qui continuent à engranger des bénéfices colossaux, à distribuer des dividendes à foison, tout en bénéficiant de réductions d’impôts et de niches fiscales, bien à l’abri dans les hautes sphères du pouvoir. Pourtant, ce même gouvernement n’a cessé de serrer la ceinture aux plus précaires, de réduire les dépenses publiques là où elles sont les plus vitales : dans les hôpitaux, l’éducation, et l’aide sociale.
Et pendant ce temps, que voit-on ? Des dépenses somptuaires pour maintenir une image présidentielle digne de la royauté. Les déplacements en jets privés, les dîners fastueux à l’Élysée, les rénovations luxueuses pour garantir que le décor soit à la hauteur des ambitions internationales. Le tout, bien sûr, soigneusement dissimulé sous des discours rassurants, et parfois même moralisateurs. On nous parle d'austérité, mais ce n'est visiblement pas le même régime pour tout le monde.
Puis, il y a cette dette. Cette énorme, insondable dette, que l'on fait semblant de croire passagère, mais qui ne cesse de gonfler comme une bulle prête à éclater. Qui va la payer, cette dette ? Certainement pas ceux qui en profitent le plus, ceux qui s'enrichissent grâce aux mécanismes d'exonérations et aux dispositifs d'aides pour les grandes entreprises. Non, ce seront les générations futures, les citoyens ordinaires, ceux à qui on expliquera qu’il faudra « se serrer la ceinture » encore un peu plus, pour rembourser tout ça.
Macron, c'est l'art de jouer avec les chiffres tout en gardant la main invisible sur les véritables enjeux. On détourne l'attention avec des réformes dites « nécessaires », mais au fond, on continue de servir les intérêts des plus puissants. On nous fait croire à une vision modernisatrice, mais on perpétue les inégalités. Les dépenses sont astronomiques, certes, mais surtout bien ciblées : les grands patrons, les lobbys financiers, et les industries privilégiées sont les premiers servis. Et pour les autres, on parle de responsabilité, de sacrifices, de rigueur.
Alors, oui, Macron représente parfaitement cette nouvelle aristocratie financière. Celle qui, au nom de la mondialisation et de la compétitivité, justifie le creusement des inégalités, l’évasion fiscale à grande échelle, et le mépris des classes populaires. Le petit roi de la finance, en effet, avec un royaume fragile, reposant sur des dettes accumulées et des promesses jamais tenues.
"Je rends hommage à ceux qui parlent au vent, les fous d'amour, les visionnaires, à ceux qui donneraient vie à un rêve. Aux rejetés, aux exclus. Aux hommes de cœur, à ceux qui persistent à croire aux sentiments purs. A ceux qui sont ridiculisés et jugés. A ceux qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent et qui n'abandonnent jamais."
Miguel de Cervantes