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Il n’y a pas de chats ordinaires.
Il y a des chats malheureux, des chats obligés à la dissimulation, des chats méconnus, des chats qu’une inguérissable erreur humaine distribue à des mains indignes, des chats qui attendent, leur vie durant, une récompense qui ne viendra jamais : la compréhension et la pitié.
Colette
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"Il me semble que nous rencontrons tous, à un moment ou à un autre, un sentiment de défaite intérieure. Il peut se greffer sur un événement extérieur, mais il peut aussi surgir quand tout semble aller pour le mieux. Et c’est pire, parce que l’on ne comprend pas pourquoi, subitement, on se trouve dans cet état-là. C’est comme si tout ce qui faisait notre vie avait perdu de son sens. On a le sentiment de s’être engouffré dans une impasse, de s’être construit sur du vent. L’émotion qui domine n’est pas forcément de l’ordre de la tristesse. Cela peut être de la colère, de la rage. Quoi qu’il en soit, on se retrouve dans une position de victime. Bien entendu, on peut avoir été victime d’un accident, d’une crise économique ou, bien avant cela, de parents maltraitants. Mais accuser les autres n’a rien de constructif. Une fois que l’on a dit : « C’est la faute de maman, de mon conjoint, de mon patron… », que peut-on faire ? Je crois qu’il est plus intéressant de considérer l’échec comme l’occasion d’une prise de conscience : ce qu’il peut nous révéler, c’est qu’avant d’être victime des autres, nous sommes victimes de nous-même, de notre propre fonctionnement."
Guy Corneau ( psychanalyste québécois, a été formé à l’Institut C.G. Jung de Zurich. )
Art : charo/collection , le clown triste .
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" La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur.
Voilà le mauvais rêve des esclaves modernes qui n’aspirent finalement qu’à se laisser aller dans la danse macabre du système de l’aliénation. "



