" On appelle cela l'irrévérence, l'insolence, l'effronterie, l'audace, le non-conformisme. Un électron qui fait bouger les lignes, qui découpe des lucarnes dans les murs jusqu'à ce que les fenêtres soient suffisamment larges pour l'esprit. L'impertinence n'aura jamais été aussi pertinente. D'ailleurs, d'autres nomment aussi cela la liberté".
" L’allégresse et l'angoisse. Ce qu'il y a peut-être de plus remarquable à la fois dans l'histoire et dans l'existence de chacun d'entre nous, c'est cette sorte d'équilibre qui n'est jamais rompu entre le bonheur et le malheur. On dirait qu'une force mystérieuse les empêche l'un et l'autre de s'installer pour toujours."
"Ne cherchez pas le luxe dans les montres ou les bracelets, ne le cherchez pas dans les manoirs ou les voiliers, *le luxe c'est des rires et des amis, le luxe c'est de ne pas être malade, le luxe c'est la pluie sur le visage, le luxe c'est des câlins et des bisous
Ne cherchez pas le luxe dans les magasins, ni dans les cadeaux, ne le cherchez pas lors des fêtes, ni lors des événements,
*Le luxe c'est que les gens vous aiment, le luxe c'est qu'ils vous respectent, le luxe c'est que vos parents vivent, le luxe c'est de pouvoir jouer avec vos petits-enfants, le luxe sont ces petites choses, qui ne s'achètent pas "
Cette solitude, ce sentiment d'être en dehors des systèmes organisés et des communautés établies, et ce refus ou cette incapacité de s'adapter à une forme simplifiée d'existence, à une technique de la vie humaine, ne signifiaient pas du tout pour moi l'enfer et le désespoir. Ma solitude n'est ni bornée ni vide; certes, elle ne me permet pas de vivre à l'intérieur de l'une des formes d'existence reconnues valables aujourd'hui, mais en revanche, elle me donne toute facilité de choisir par exemple l'une des multiples formes d'existence du passé, et peut-être aussi de l'avenir, car elle embrasse dans ses perspectives une très grande part de l'univers. Mais surtout, cette solitude est le contraire du vide. Elle est pleine d'images, c'est un trésor où sont entassés des biens que je me suis appropriés, un passé qui est devenu moi-même, une nature qui s'est assimilée à la mienne.
Hermann HESSE, L'homme qui voulait changer le monde,1911.