Publié depuis Eklablog

Moi, c’est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau.
Il ressent plus finement,
Plus complètement que mon cerveau.
Toute ma peau a une âme.
Colette. La Retraite sentimentale

Moi, c’est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau.
Il ressent plus finement,
Plus complètement que mon cerveau.
Toute ma peau a une âme.
Colette. La Retraite sentimentale

Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,
Au chant des instruments qui se brise au plafond
Suspendant ton allure harmonieuse et lente,
Et promenant l'ennui de ton regard profond ;
Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore,
Ton front pâle, embelli par un morbide attrait,
Où les torches du soir allument une aurore,
Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait,
Je me dis : Qu'elle est belle ! et bizarrement fraîche !
Le souvenir massif, royale et lourde tour,
La couronne, et son coeur, meurtri comme une pêche,
Est mûr, comme son corps, pour le savant amour.
Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines ?
Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs,
Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines,
Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs ?
Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques
Qui ne recèlent point de secrets précieux ;
Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques,
Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux !
Mais ne suffit-il pas que tu sois l'apparence,
Pour réjouir un cœur qui fuit la vérité ?
Qu'importe ta bêtise ou ton indifférence ?
Masque ou décor, salut ! J'adore ta beauté.
Charles Baudelaire. - L'amour du mensonge.

"Mais j'ai appris au moins une chose, celle-ci : on ne connaît vraiment les gens qu'après avoir eu une bonne dispute avec eux, alors seulement on peut juger de leur caractère !"
(Anne Frank - Le Journal d'Anne Frank)